Vers une amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments en France ?

Vers une amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments en France ?

Développement produit

La qualité nutritionnelle des aliments continue de s’imposer comme un axe majeur de transformation du secteur agroalimentaire. Entre nouvelles exigences réglementaires européennes et engagements volontaires des filières, plusieurs évolutions récentes témoignent d’une volonté d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire.

Deux actualités illustrent cette dynamique : l’entrée en vigueur de la nouvelle directive européenne dite « petit déjeuner » et la signature d’un accord collectif visant à améliorer la qualité nutritionnelle et la durabilité des produits de charcuterie.

Directive européenne « petit déjeuner » : de nouvelles règles applicables

Entrée en vigueur le 14 juin 2026, la directive européenne « petit déjeuner » modernise plusieurs textes encadrant les produits traditionnellement consommés au petit déjeuner. Elle révise notamment les directives 2001/110/CE relative au miel, 2001/112/CE concernant les jus de fruits, 2001/113/CE portant sur les confitures, gelées, marmelades et crèmes de marrons, ainsi que la directive 2001/114/CE relative à certains laits en conserve partiellement ou totalement déshydratés.

Cette directive a été transposée en droit français par le décret ° 2026-312du 24 avril 2026.

Son objectif : adapter les règles de composition, de dénomination, d’étiquetage et de présentation des denrées alimentaires afin de permettre aux consommateurs de disposer d’une information plus claire et de faire des choix plus éclairés.

La réglementation renforce notamment les exigences en matière d’étiquetage, notamment pour les miels issus de mélanges. L’objectif est d’améliorer la transparence sur l’origine des produits et de limiter les risques de fraude en facilitant l’identification des provenances.

Dans le cadre des objectifs européens liés à la stratégie « Farm to Fork », de nouvelles catégories de jus de fruits, notamment à teneur réduite en sucres, font leur apparition. Cette évolution accompagne les démarches visant à réduire la consommation de sucres.

Les critères de composition évoluent également pour les confitures et assimilés. La teneur minimale en fruits augmente de 350 à 450 g de fruits par kilogramme pour les confitures et de 450 à 500 g/kg pour les confitures extra. Cette mesure vise à améliorer la qualité minimale des produits proposés aux consommateurs tout en réduisant mécaniquement leur teneur en sucres.

Enfin, les règles applicables aux laits partiellement ou totalement déshydratés sont actualisées afin de tenir compte des évolutions technologiques et commerciales du secteur.

Pour faciliter l’appropriation de ces changements par les professionnels, la DGCCRF a mis à disposition une foire aux questions détaillée, appelée à être régulièrement enrichie en fonction des problématiques rencontrées sur le terrain. 

Par ailleurs, des fiches pratiques seront prochainement publiées sur le site de la DGCCRF. Elles auront pour objectif de clarifier les nouvelles règles relatives à l’étiquetage et à la composition des produits concernés, tant pour les entreprises que pour les consommateurs.

Une phase de suivi est également prévue : en 2027, la DGCCRF mènera une enquête afin d’évaluer l’application effective de cette réglementation.

Charcuterie : une filière engagée dans une trajectoire nutritionnelle et durable

Autre signal positif pour l’amélioration de l’offre alimentaire : la signature d’un accord collectif dédié à la nutrition et à la durabilité des produits de charcuterie.

Dans un communiqué publié le 9 juin 2026, la FICT (Fédération des entreprises de charcuterie traiteur) et la CNCT (Confédération Nationale des Charcutiers Traiteurs) ont annoncé leur engagement dans une démarche collective avec des objectifs mesurables à 5 ans.

La filière s’engage notamment à réduire de 5 % la teneur en sel sur cinq familles de produits (chorizos, rillettes de porc, andouilles et andouillettes, saucisses à pâte fine, saucisses et saucissons cuits). Une réduction de 5 % des acides gras saturés est également prévue sur douze familles de produits, parmi lesquelles les boudins, différents types de jambons, lardons et poitrines de porc, bacon, coppa, jambons et lardons de volaille et mousses de canard.

Au total, près de 60 % des volumes de charcuterie commercialisés en grande distribution et dans les circuits spécialisés seront concernés par ces améliorations nutritionnelles.

Le suivi des résultats sera assuré par l’OQALI (Observatoire de la qualité de l’alimentation), à l’image du dispositif mis en place pour l’accord collectif sur la réduction du sel dans les pains.

L’accord intègre également un volet environnemental. Les professionnels de la charcuterie se sont engagés à améliorer la recyclabilité des emballages, avec un objectif de doubler la part des emballages recyclables.

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