Recommandations nutritionnelles : une notoriété élevée, une application encore limitée
Communication nutrition-santé
Selon une étude récente du CRÉDOC (Centre de Recherche pour l’EtuDe et l’Observation des Conditions de vie), fondée sur la vague 2025 de l’enquête «Comportements et attitudes alimentaires en France », un décalage subsiste entre la connaissance des repères nutritionnels et leur mise en pratique.
L’enquête visait à identifier les profils les plus enclins à suivre les recommandations alimentaires, tout en mettant en lumière les freins à leur adoption, malgré une bonne connaissance globale.

Des écarts marqués selon les profils
Les résultats confirment des disparités :
- Les femmes adhèrent davantage aux recommandations nutritionnelles que les hommes, qu’il s’agisse des fruits et légumes ou des produits laitiers.
- Les comportements alimentaires les plus conformes aux recommandations concernant les fruits et légumes se retrouvent chez les populations les plus âgées. Tandis que les plus jeunes sont moins nombreux à adopter celles concernant les produits laitiers.
- Le niveau d’éducation joue également un rôle : les personnes les plus diplômées respectent plus fréquemment les repères, notamment en matière de consommation de fruits et légumes.
- Une dimension territoriale apparaît aussi, avec une meilleure application des recommandations dans les centres urbains que dans les zones périurbaines.
Des objectifs connus, mais peu atteints
Si la notoriété des recommandations est élevée, elle ne se traduit pas systématiquement en comportements :
- 87 % des adultes connaissent la recommandation des « 5 fruits et légumes par jour », mais seuls 1 Français sur 6 l’appliquent réellement.
- Concernant les produits laitiers, seulement 42 % des Français identifient la recommandation des deux portions quotidiennes, tandis qu’ils ne sont que12 % à déclarer en consommer plusieurs fois par jour.
Ces chiffres illustrent le fait que la connaissance seule ne suffit pas à modifier durablement les pratiques alimentaires.
Des freins multiples à l’adoption des recommandations
L’étude met en évidence plusieurs leviers explicatifs :
- Les contraintes économiques restent un facteur déterminant, limitant l’accès à certains produits. En effet, les personnes qui connaissent des difficultés économiques ont plus souvent une alimentation insuffisante en fruits et légumes ou en produits laitiers.
- Les représentations de l’alimentation influencent fortement les comportements : une faible appétence pour la cuisine ou une perception limitée du lien entre alimentation et santé sont associées à un moindre respect des recommandations.
- Les profils dits « traditionnels », valorisant la cuisine maison et la qualité des produits, atteignent plus souvent les objectifs nutritionnels que les profils « contraints » ou « détachés », pour lesquels l’alimentation répond avant tout à une fonction de subsistance.
Information nutritionnelle : quel impact sur les achats ?
Parmi les consommateurs connaissant le Nutri-Score, seuls 60 % déclarent qu’il influence leurs décisions d’achat.
Plus largement, le lien entre alimentation et prévention santé tend à s’affaiblir : alors qu’en 2016, 85 % des Français considéraient l’alimentation comme un levier majeur de prévention, ils ne sont plus que 70 % aujourd’hui.
Conclusions de l’étude
Les résultats de l’enquête indiquent que, malgré une bonne connaissance des recommandations du Programme National Nutrition Santé concernant la consommation de fruits, légumes et produits laitiers, leur mise en pratique demeure encore limitée.