Nutri-Score : Près de dix ans de débats, de controverses et de lobbying

Nutri-Score : Près de dix ans de débats, de controverses et de lobbying

Etiquetage nutritionnel

Près de dix ans après son lancement, le Nutri-Score reste au cœur d’un débat qui dépasse largement la question de l’étiquetage nutritionnel. Les controverses autour du Nutri-Score ne portent pas uniquement sur sa méthode de notation ou ses limites, mais aussi sur les stratégies d’influence qui accompagnent les débats réglementaires.

Les travaux présentés dans l'étude de la Fondation Jean-Jaurès rappellent que l'algorithme et le format graphique ont fait l'objet de nombreuses évaluations. Les auteurs citent notamment des études menées dans plusieurs pays européens ainsi que des études de compréhension menées auprès des consommateurs, concluant à une bonne compréhension du logo et à une capacité à différencier les produits selon leur qualité nutritionnelle.

Le Nutri-Score est officiellement reconnu en France en 2017. Son utilisation reste cependant volontaire. Cette caractéristique constitue depuis lors l'un des principaux points de débat.

L'étude de la Fondation Jean-Jaurès retrace plusieurs étapes de cette histoire : les débats français autour de l'adoption du logo, la concurrence entre différents systèmes d'étiquetage, puis le déplacement du débat au niveau européen.

Entre 2021 et 2023, l'objectif d'un étiquetage nutritionnel harmonisé au niveau européen s'est notamment retrouvé au cœur des discussions liées à la stratégie « Farm to Fork ». Cependant, les discussions européennes ont ensuite été bloquées.

En France, la question de l'obligation du Nutri-Score a continué à faire débat. L'étude Jean-Jaurès rapporte notamment le rejet, le 4 décembre 2025, d'une disposition du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) visant à rendre son affichage obligatoire.

Pourquoi le Nutri-Score est-il autant contesté ?

Les critiques adressées au Nutri-Score sont de plusieurs ordres.

Certains acteurs lui reprochent d'être trop simplificateur. D'autres critiques concernent certains produits spécifiques, notamment les fromages, charcuteries ou produits traditionnels. Le débat oppose alors la lecture nutritionnelle du produit à d'autres dimensions telles que le patrimoine gastronomique, la tradition ou le savoir-faire. Le débat porte également sur la pertinence de l'algorithme, ses évolutions et son application à certaines catégories de produits.

Le lobbying : le deuxième volet du débat

L'étude de la Fondation Jean-Jaurès évoque également l'influence exercée par les acteurs économiques dans le processus réglementaire.

L’article de Yuka aborde aussi le sujet en identifiant sept « tactiques » qui auraient été utilisées pour affaiblir le Nutri-Score et Yuka : dénigrement de la simplicité du dispositif, personnalisation des critiques autour de ses concepteurs, défense des produits traditionnels, production de controverses scientifiques et mobilisation politique.

En conclusion

Les deux articles étudiés racontent, avec des angles différents, une même histoire : celle d'un outil de santé publique devenu un objet de confrontation entre science, industrie, politique et communication.

L'étude de la Fondation Jean-Jaurès met principalement l'accent sur les dix années de bataille législative et les mécanismes d'influence autour du Nutri-Score. L'article de Yuka se concentre davantage sur les tactiques utilisées pour fragiliser le Nutri-Score et son propre modèle de notation.

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