Maladies cardiovasculaires : une étude européenne conforte la pertinence du Nutri-Score
Etiquetage nutritionnel
Le Nutri-Score est-il associé à une réduction du risque de maladies cardiovasculaires ? C’est la question qu’ont explorée des chercheurs à travers une récente étude.

Les maladies cardiovasculaires constituent aujourd’hui la première cause de mortalité dans le monde. En France, elles représentaient près d’un quart des décès en 2021, dont environ 20 % étaient liés à une alimentation déséquilibrée. Face à cet enjeu majeur de santé publique, la majorité des pays ont déployé des politiques de prévention nutritionnelle reposant notamment sur des recommandations alimentaires à destination des populations.
Si ces recommandations définissent les principes d’une alimentation équilibrée, leur application concrète reste complexe pour les consommateurs, en particulier lors des actes d’achat, dans un environnement caractérisé par une offre alimentaire abondante et hétérogène sur le plan nutritionnel. Dans ce contexte, l’étiquetage nutritionnel simplifié en face avant des emballages apparaît comme un levier complémentaire pertinent : il facilite la comparaison des produits, oriente les choix vers une meilleure qualité nutritionnelle et encourage les industriels à améliorer la composition de leurs recettes.
Objectif et méthodologie de l’étude
L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre la version actualisée de l’algorithme du Nutri-Score et le risque de maladies cardiovasculaires. Les travaux se sont appuyés sur la cohorte européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), une étude multicentrique ayant inclus plus de 500 000 participants entre 1992 et 2000 dans dix pays européens.
L’analyse a porté sur les données disponibles de sept pays (Espagne, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suède et Royaume-Uni), représentant plus de 345 000 participants (63 % de femmes, 37 % d’hommes), avec un âge moyen de 51 ans.
Principaux résultats
Plus de 16 000 cas d’incidents de maladies cardiovasculaires ont été recensés au cours d’un suivi médian de 12 ans. Les résultats de l’étude ont montré qu’un score plus élevé, reflétant une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle, était associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires et plus particulièrement d’infarctus du myocarde, de maladies vasculaires cérébrales et d’accident vasculaire cérébral (AVC).
Ces observations sont cohérentes avec les résultats d’études antérieures basées sur la version précédente de l’algorithme, menées en France, en Italie, en Espagne, ainsi qu’à l’échelle européenne et en Australie.
Implications pour la santé publique
Les résultats de cette étude viennent renforcer l’ensemble des données scientifiques disponibles en faveur de la pertinence du Nutri-Score comme outil de santé publique.
À titre d’exemple, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estimait en 2022 que la généralisation du Nutri-Score dans les pays membres pourrait permettre d’éviter environ 1,6 million de décès liés aux maladies cardiovasculaires d’ici 2050.
Un argument de plus dans le débat européen sur l’obligation du Nutri-Score.