Enquête Foodwatch : les produits protéinés passés au crible
Développement produit
Les produits mettant en avant le caractère protéiné d’un produit se multiplient dans les rayons des supermarchés. Barres céréalières, yaourts, boissons, salades, céréales ou encore tartines : le marketing autour des protéines est devenu omniprésent.
Dans une récente enquête, Foodwatch s’est intéressée à la composition de dix de ces produits. L’association constate que, derrière leur image associée à la santé et au sport, ces aliments sont souvent ultra-transformés et peuvent contenir de nombreux additifs ou ingrédients controversés tel que des édulcorants.
Une teneur élevée en protéines ne résume pas la qualité d’un produit
Le principal message de l’enquête est simple : la présence d’une quantité importante de protéines ne renseigne pas, à elle seule, sur la qualité globale d’un aliment.
Pour augmenter la teneur en protéines, les fabricants peuvent notamment ajouter des isolats ou concentrats de protéines, du gluten ou d’autres ingrédients issus de procédés industriels allongeant ainsi la liste d’ingrédients du produit.
Foodwatch a ainsi relevé, parmi les dix produits étudiés, différents marqueurs d’ultra-transformation : épaississants, isolat de protéines ou encore certains édulcorants.
Les compositions sont très variables, mais Foodwatch souligne plusieurs points communs : certains produits contiennent beaucoup de sucres, d’autres plusieurs additifs ou ingrédients ultra-transformés.
Pour Foodwatch, le développement de ces produits illustre ce que l’association appelle un « effet de halo » : une caractéristique mise en avant sur le devant de l’emballage, ici la richesse en protéines, peut donner une image globalement positive du produit et attirer moins l’attention sur le reste de sa composition.
Avons-nous besoin de plus de protéines ?
Les protéines sont indispensables au fonctionnement de l’organisme et participent notamment au renouvellement des tissus musculaires. Toutefois, les apports en protéines sont globalement suffisants dans la population française (recommandations nutritionnelles actuelles de 0,83 g de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour pour l’adulte).
Cela ne signifie pas que les produits enrichis en protéines sont inutiles. Les besoins peuvent varier selon l’âge, l’activité physique ou certaines situations particulières. L’enjeu est plutôt de ne pas confondre une teneur élevée en protéines avec sa qualité nutritionnelle globale. En effet, un produit peut être riche en protéines et rester un aliment ultra-transformé. La teneur en protéines est donc un critère parmi d’autres à prendre en compte.
Il convient toutefois de ne pas généraliser : si l’enquête met en évidence la présence de produits protéinés ultra-transformés, tous les aliments riches en protéines ne sont pas pour autant ultra-transformés et trop sucrés.
L’intérêt de cette enquête est donc surtout de rappeler qu’une allégation nutritionnelle ne donne qu’une information partielle. Pour évaluer un produit, il est également utile de consulter la liste des ingrédients, le tableau nutritionnel et le Nutri-Score lorsque celui-ci est affiché.